Des syndicats et des parents d’élèves des Bouches-du-Rhône portent plainte contre X pour exposition à l’amiante

Communiqué de l’AEF, le 11 novembre 2025

Un collectif d’organisations syndicales de l’Éducation nationale des Bouches-du-Rhône, d’associations de victimes de l’amiante, et de parents d’élèves dépose plainte contre X pour « mise en danger délibérée de la vie d’autrui » devant le pôle santé publique du tribunal judiciaire de Marseille, mercredi 19 novembre 2025. 40 personnes usagères se sont par ailleurs constituées partie civile. Les situations documentées dans la plainte concernent huit écoles, deux collèges et un lycée du département, précise le collectif.

La plainte du collectif Stop Amiante Education a été déposée au tribunal judiciaire de Marseille, mercredi 19 novembre 2025. MaxPPP – Nicolas Vallauri

Une plainte contre X pour « mise en danger délibérée de la vie d’autrui en raison de l’exposition à l’amiante » dans 11 établissements scolaires des Bouches-du-Rhône a été déposée devant le tribunal judiciaire de Marseille, mercredi 19 novembre 2025, par le collectif Stop Amiante Éducation, composé des organisations syndicales de la CGT, la FSU, FO et SUD, de la FCPE 13 et de trois associations de défense des victimes de l’amiante (1). Quarante usagers se sont constitués parties civiles, parmi lesquels « une trentaine d’agents de l’Éducation nationale et cinq parents d’élèves », précise le communiqué du collectif.

Alors que nombre d’établissements scolaires construits avant son interdiction en 1997 présentent encore de l’amiante, souffrant pour certains d’un état de vétusté qui « aggrave l’exposition » de leurs occupants à ce matériau, « de nombreuses collectivités territoriales ne sont toujours pas à jour avec la réglementation », en particulier avec l’obligation d’établir et actualiser un diagnostic technique amiante (DTA). 

Les plaignants reprochent aussi « un manque de suivi de l’état des bâtiments », une « absence d’information du personnel » ou encore « une minimisation du danger ». « Tous ces manquements ont fait courir, et continuent de faire courir, aux agent·es et au public (élèves, parents) un risque d’une extrême gravité », estime le collectif qui, défendu par le cabinet d’avocats TTLA, souhaite « briser l’omerta pour garantir la protection de la santé » des personnels et des usagers.

80 collèges concernés par l’amiante sur 132

Les situations décrites et documentées dans cette plainte, « inédite par son périmètre » et « par la représentation syndicale et associative des plaignants » selon ces derniers, concernent huit écoles, deux collèges et un lycée des Bouches-du-Rhône. Ceux-ci sont « représentatifs de problématiques rencontrées dans de très nombreux établissements », explique le collectif. Selon lui, 80 des 132 collèges publics des Bouches-du-Rhône sont concernés par la présence d’amiante, et 30 % des établissements scolaires du département ne disposent pas de diagnostic technique amiante.

Le choix de la plainte contre X « vise à balayer le plus largement possible les responsabilités dans ce dossier, sans nous fermer de portes », précise encore le collectif. « Ce sera au procureur de mener son enquête et de désigner le ou les responsables que ce soit au niveau des collectivités territoriales propriétaires des locaux scolaires […] ou au sein de l’Éducation nationale. » 

Les organisations rappellent que dans les Bouches-du-Rhône, « une collègue est décédée en avril 2024 des suites d’un cancer lié à l’amiante, reconnu comme maladie professionnelle » et que « d’autres collègues ont obtenu la même reconnaissance ». « Mais le manque d’information et les difficultés à constituer les dossiers sont telles que nombre d’entre elles et eux ne font pas même les démarches pour faire valoir leurs droits », déplorent-elles.

(1) Les organisations plaignantes sont : CGT éduc’action 13, CGT Territoriaux 13, FSU-SNUipp 13, FSU Territoriale 13, Snudi-FO 13, SUD éducation 13, UD CGT 13, la fédération de parents d’élèves FCPE 13, et l’Avale 13 (Association des victimes de l’amiante dans les locaux de l’Education nationale dans les Bouches-du-Rhône), l’Andeva et l’Adevimap (Association de défense des victimes des maladies professionnelles).